Une psychothérapie en ligne avec Skype ou FaceTime : retour d’expériences

Cela fait maintenant plus de 2 ans que je propose des entretiens psychologiques en ligne avec une caméra via Skype, FaceTime ou même Hangout de Gmail.

En ligne, ce genre de pratique se répand de plus en plus et pourrait paraitre un nouveau mode de pratique.

Dans les faits, l’idée de conduire une psychothérapie à distance n’est pas nouvelle. On peut rappeler que Freud lui même correspondait par lettres avec ses patients et qu’après l’arrivée du téléphone dans les foyers, les entretiens téléphoniques sont venus en aide aux patients pour converser avec un professionnel.

J’ai moi même très vite, dans ma pratique, offert à mes patients en cours une possibilité de m’appeler. Mais ce sont surtout des secours téléphoniques ponctuels pour répondre à une détresse urgente pour des patients que je connaissais déjà. Le téléphone n’offre pas (tout autant que l’écrit) le langage du corps, des mains et les expressions du visage, indications précieuses pour toute personne en situation de communication. C’est pour cela que je ne généralise pas.

Entretien psy en ligne

Mais comprenant qu’il existait des applications de visioconférence (Skype, FaceTime) dont les flux sont normalement cryptés et qui donc offrent la confidentialité souhaitée et indispensable, et que ces applications sont gratuites et faciles à utiliser, j’ai pris conscience que je pouvais devenir cliniquement utile à des gens qui, pour diverses raisons, avaient besoin d’un thérapeute sans se déplacer dans un cabinet.

J’ai donc mis en place une offre qui peu à peu à attirer des patients de tout horizon après avoir essayé une des plateformes qui proposent de mettre en relation des professionnels et des patients. Mais cette pratique ne me convenait pas. J’aime ma liberté comme j’aime celle de mes patients. J’aime le lien qui se créé au fur et à mesure de l’entretien et des entretiens et que j’avais trouvé plus difficile à mettre en place lors de l’essai de la plateforme spécialisée.

Je ne dis pas que ce n’est pas bien. Je dis bien que cela ne me convient pas. C’est donc très personnel.

Ma procédure de thérapie en ligne

  1. On m’envoie un courriel avec le nom de l’application à utiliser (Skype, FaceTime, Hangout de Gmail ou Watsapp) et le contact sur cette application (nom ou le numéro de téléphone).
  2. Je renvoie un courriel avec les dates et horaires possibles en joignant un RIB afin que la personne puisse m’ajouter à ses bénéficiaires bancaires.
  3. On s’accorde sur la date et l’heure.
  4. À la date et à l’heure du rendez-vous, la personne me contacte et nous avons l’entretien qui a la même durée que si nous étions en face à face (50 mn) et le même prix (63 euros). J’offre simplement en plus la possibilité de faire un demi-entretien (25 mn) au demi-tarif (31 euros), offre que je ne peux pas me permettre en cabinet.
  5. À la fin de l’entretien, la personne me verse la somme convenue et m’avertit par courriel que le paiement a été effectué.

Cela suppose bien sûr de pouvoir être connecté à un réseau Internet fiable, mais il n’est pas forcément nécessaire d’être expert en quelque chose. Bien sûr en cas de difficulté quelconque, j’explique ou renvoie vers un tuto.

Les virements peuvent poser problème et je peux alors proposer de passer par PayPal.

Mon retour d’expérience de thérapie en ligne

Les problématiques

Les personnes qui m’appellent ont pratiquement les mêmes problématiques que celles qui viennent à mon cabinet. Autrement dit, il y a de tout et j’aime cette variété. C’est vrai que j’ai sans doute plus souvent à traiter des phobies, des angoisses, des traumatismes mais comme je suis psychologue cognitivo-comportementale, cela me parait tout à fait logique que l’on fasse appel à moi dans ces cas.

J’ai vraiment l’impression d’exercer mon métier de la même façon, me sentant tout à fait autant psychologue en ligne qu’en face à face.

L’environnement

C’est vrai qu’en ligne, nous ne partageons pas le même environnement. Les personnes qui m’appellent le font de chez elles ou de leur bureau et moi, je suis à mon cabinet. Mais, peu à peu cette différence s’estompe en quelques minutes (même quand je reçois des gens en tee-shirt, tandis que je suis emmitouflée d’un gros pull), car le relation thérapeutique l’emporte toujours.

Le paiement des entretiens en ligne

Je propose un paiement après l’entretien, comme toute séance au cabinet. Je me refuse à le demander avant parce que ce serait faire une différence entre le patient en ligne et le patient en face à face. Je fais donc confiance. C’est une de mes valeurs importantes. Je la respecte puisque je me respecte. Et j’ai l’impression que si je le demandais de me payer avant, il y aurait comme une idée de méfiance qui romprait le lien thérapeutique. Je ne sais pas si j’ai tort ou raison, mais j’agis ainsi, sachant pourquoi je le fais.

C’est donc une possibilité de ne pas être payée et je n’ai eu pour l’instant qu’une seule personne qui ne m’a jamais payée.

Que des patients ne me paient pas et disparaissent cela m’est arrivé également une fois en face à face. Ce n’est donc pas du tout spécifique d’un comportement lié à un outil. C’est le problème de conscience de la personne.

Le lieu de mes patients en ligne

J’ai des personnes qui habitent très loin du Rhône (la Chine, le Mexique, les États Unis, la Russie, la Guyane, la Martinique  etc….) ou qui résident simplement en France métropolitaine, que ce soit à Lyon, à Marseille ou à Paris. Même s’il y a parfois plus de 6-8 heures de décalage horaire, nous pouvons trouver une plage horaire compatible à chacun.

La raison des entretiens en ligne

Comme je l’ai dit plus haut, je ne la connais pas puisque je ne pose pas la question. Parfois, les personnes me la donnent et j’avoue qu’il y a toutes les raisons possibles. L’éloignement, le confort, l’horaire, la langue, la préférence, le bouche-à-oreille (oui, même en ligne ça existe. Cela m’est arrivé pour un patient en Suisse qui m’a recommandé à un patient aux États Unis) ….

Pour moi, il n’y a aucune différence entre celui qui m’appelle et celui qui vient à mon cabinet. Que la personne habite Lyon ou qu’elle habite en Autriche, le fait de choisir un entretien en ligne est le choix de la personne et je n’en demande jamais la raison. C’est toujours quelqu’un qui a besoin d’un professionnel et que je peux aider et accompagner vers la solution et la gestion de sa problématique.

Le lien thérapeutique

Sincèrement, ce lien est très similaire à ce qu’il est normalement en face à face. C’est du moins mon point de vue et des personnes ayant cette expérience en ligne peuvent infirmer ou confirmer ce que je dis.

Je suis psy et je reste psy en ligne comme en face à face. Avec ma méthode de travail, mes valeurs.

L’hypnose

Je dirai là que c’est la grande différence en un entretien en ligne et un entretien en face à face. En ligne, je ne l’ai proposé que 3 fois à des patients que je connaissais depuis un certain temps et qui me le demandaient. En face à face, je n’hésite pas à le proposer et même à en tenter une petite expérience en première séance.

Je ne sais pas si j’ai tort ou si j’ai raison. Je suis ma logique et chaque patient est unique. Je suis aussi mes pairs qui sont très partagés sur cette notion d’hypnose à distance.

Ce n’est pas facile, car si même cela ne m’est que très rarement arrivé, la connexion peut s’interrompre. L’état hypnotique s’arrêterait de lui même mais cela me rebute à généraliser cette offre.

La seconde difficulté est la prise de vue car, en hypnose, j’aime voir le corps entier de la personne qui entre en transe. J’ai besoin de voir tout autant son visage, que ses mains par exemple. Et parfois, ce n’est pas facile à installer correctement.

Conclusion

Depuis plus de 2 ans, j’apprécie ces entretiens qu’ils viennent du bout du monde ou de ma rue. Je sais que c’est le patient qui l’a choisi et cela me suffit à apprécier que je puisse lui offrir facilement ce qu’il attend.

 

 

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