Comment aider ses proches ou ses amis dans l’angoisse

Voilà un article qui m’a été inspiré de demandes de patients. Parfois, au cours de l’entretien, la personne qui vient me voir pour une problématique personnelle me parle d’un souci qu’elle rencontre : un de ses proches ou une de ses amis s’est retrouvé en pleine crise d’angoisse à la suite d’un événement traumatisant.

Comment rassurer ? Comment aider ?

Aider ceux que l'on aime

C’est tout à fait logique de vouloir aider, rassurer, soutenir ceux que l’on aime. Mais on est parfois un peu démuni sur la façon de s’y prendre.

Les gens sont en détresse émotionnelle pour beaucoup de raisons différentes : un accident, un deuil, un enfant malade ou blessé, une mauvaise nouvelle… Ou même déstabilisé  par le simple fait d’avoir assisté à un accident de transport (avion, train, voiture), un événement météorologique, un acte de violence …

Ces gens vivent un choc émotionnel et peu importe la raison. Les principes d’aide sont pratiquement toujours les mêmes. Et la raison est toujours importante.

1ère règle : le calme

C’est essentiel. Il faut que vous soyez le plus calme possible pour aborder la personne déstabilisée. Le calme n’est pas l’indifférence. Au contraire ! C’est la certitude pour l’autre que vous allez être attentif et que vous allez pouvoir l’écouter. La personne comprendra que ses émotions ne se télescoperont pas avec vos émotions. Vous pourrez être en empathie.

Asseyez vous à côté de la personne en respectant son espace vital. Si c’est une personne très proche de vous, vous pouvez tout à fait la toucher si vous en avez l’habitude. Sinon, prenez place à côté sans essayer d’être proche physiquement. Cela veut dire, ne faites pas plus que vous ne faites d’habitude.

2ème règle : écouter

Vous allez dire ce que vous observez : l’état émotionnel et physique de la personne.

 » Je te vois très bouleversé… » « Je vois que tu saignes… » Je vois que tu es triste »…

Deux cas se présentent : soit vous savez ce qui est arrivé, soit vous ne savez pas. Cela ne fait pas vraiment de différence pour la suite parce qu’il est nécessaire que la personne donne son discours, qu’elle emploie ses propres mots.

 » Comment pourrais-je t’aider ?  »

C’est la question essentielle. Celle qui va amener le récit de ce qui vient de se produire. Autrement dit, l’aide première est l’écoute.

Il est possible que la personne soit tellement troublée que son récit devienne confus. Laissez les premiers mots comme ils viennent. Puis revenez sur ce que vous n’avez pas compris, sans bien sûr dire que vous n’avez pas compris :

 » Tu disais que tu es allée à l’hôpital avec lui » , « … que l’eau montait très vite »  » …. que tout le monde courait partout  »

N’oubliez pas que vous ne pourrez sans doute pas apporter de solution. Aider ne veut pas dire résoudre.

Montrez que vous écoutez

Le plus souvent, il n’est pas judicieux d’interrompre la personne qui parle et qui est bouleversée, choquée. Mais pour marquer votre écoute, vous pouvez faire des « mmmmmm » ou des phrases de ce type « je vois que tu es très inquiet à ce sujet… »

N’oubliez pas de regarder la personne, ses yeux, son visage, son corps. Tout parle et vous devez adaptez votre position à ce qui se dit.

Passez au concret

À un moment donné, vous sentirez que la parole de la personne s’épuise. Il est alors possible d’intervenir. Montrez les choix qui s’offrent à la personne en prenant en compte ce qui vient d’être dit. Montrez les options possibles de l’action.

Puis vous pouvez reposer la première question : « As tu besoin d’aide ? » « Est-ce que je peux t’aider ? »

Ne dites pas

  • ça va aller parce que vous n’en savez rien et que justement ça va mal
  • une chose drôle pour détendre parce que la personne se sentira humiliée
  • une histoire semblable qui vous est arrivé parce que, ça, ce n’est pas de l’empathie
  • et enfin bien sûr, ne jugez pas en disant « tu devrais faire… » tu aurais du faire… »

Mais dites

  • Je comprends
  • Tu ne le méritais pas
  • Ce n’est pas de ta faute

Conclusion

Dans une relation d’aide il faut s’oublier et ce n’est pas forcément facile. Alors parfois c’est la personne qui aide qui a besoin de se faire aider ensuite. N’oubliez pas vos besoins, sinon vous ne pourrez plus aider.

 

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