Phobie d’impulsion ou pensées obsessionnelles

Comme j’ai eu beaucoup de commentaires sur un précédent article écrit à ce sujet et comme j’ai beaucoup de patients qui viennent me consulter à ce sujet, je vais compléter ce que j’ai dit précédemment pour tenter d’aider au mieux les personnes qui souffrent de ce trouble.

Définition

Il existe des dizaines de catégories d’obsessions et de compulsions différentes qui composent le trouble connu sous le nom de TOC (trouble obsessionnel compulsif) , même si ces obsessions et ces compulsions ont beaucoup de thèmes différents, elles partagent toutes de nombreuses caractéristiques.

Ces troubles inclus les pensées désagréables intrusives que l’on appelle parfois phobie d’impulsion (quand la pensée est centrée sur une action) ou penséees obsessionnelles (quand la pensée est centrée sur soi).

La caractéristique de ces troubles est la peur d’être fou·folle provoquant une anxiété écrasante et parfois même paralysante.

Les pensées intrusives d’ordre de la phobie d’impulsion sont violentes. Elles concernent ou le sexe ou la mort. C’est à dire qu’elles s’orientent soit sur la peur de blesser voire de tuer autrui (et essentiellement les gens que l’on aime le plus) ou soi-même soit sur la peur d’agir sexuellement d’une manière contraire à ce que l’on pense profondément.

Les pensées obsessionnelles sont aussi violentes. Elles peuvent être extrêmement variées et sont centrées sur ce que l’on est ou ce que l’on vit provoquant un doute extrêmement angoissant qui pourraient être capable (pense t on) de remettre en cause ce que l’on est ou ce que l’on vit.

Les pensées violentes peuvent impliquer à la fois des images mentales et des impulsions à agir.

Par exemple, des personnes souffrant de ce trouble se voient frapper, poignarder, étrangler, mutiler ou blesser les membres de la famille ou leurs enfants, les animaux de compagnie d’un étranger ou même eux-mêmes. Ils peuvent s’imaginer utiliser des objets tranchants ou pointus tels que des couteaux, des fourchettes…

Les pulsions que ces personnes ressentent peuvent impliquer de se pousser ou de se jeter ou de se jeter dans les voies ferrées des trains ou des voitures, par les fenêtres ou hors des balcons… Cela peut être aussi la pensée d’heurter des piétons ou des cyclistes ou de prendre l’autoroute en sens contraire…

Comment ces pensées fonctionnent ?

Ces pensées provoquent une anxiété écrasante. Et je la compare à un arbre dressé devant soi. Cet arbre cache une forêt qui contient l’anxiété de base. Et l’arbre cache la forêt, nous empêchant par sa violence d’aller regarder l’anxiété de base.

Très souvent cette anxiété de base (celle cachée) concerne la peur de ne pas maîtriser, de ne pas gérer, de ne pas contrôler quelque chose que l’on est en train de vivre.

Comme si pour le cerveau il était plus simple de provoquer une anxiété extrême pour cacher une anxiété chronique.

Je prends un exemple personnel pour clarifier le mécanisme. J’ai une petite chienne que mes patients connaissent bien car elle m’accompagne partout même en séance. Cette petite chienne est tellement silencieuse et calme dans la voiture que j’ai toujours peur en roulant de l’avoir oublié. Un jour, alors qu’il faisait très chaud et que toutes les fenêtres de la voiture était ouverte j’ai pensé ; « Et si je jetais ma chienne par la fenêtre ». C’est exactement comme cela qu’une pensée intrusive naît. En effet, si je jette ma chienne par la fenêtre, alors je n’aurai plus la peur de l’avoir oublié. CQFD. Je vais reprendre l’exemple pour clarifier ce qu’il faut faire pour que cette pensée intrusive soit oubliée et ne provoque aucune angoisse.

Caractéristique de la pensée

Cette pensée intrusive n’a aucun fondement : elle n’est pas vraie. Je ne jetterai pas ma chienne par la fenêtre parce que je n’en ai pas du tout, mais pas du tout envie.

C’est le premier travail à faire sur ce genre de pensée intrusive que l’on reconnait parce qu’elle est idiote (la pensée est idiote, pas nous!) Pratiquement tout le monde connait ce genre de pensée. Beaucoup les rejettent aussitôt ne l’en accordant aucun crédit. D’autres, ont eu tellement peur d’elles, qu’ils·elles l’ancrent dans le cerveau et leur permettent de revenir en formant une obsession.

Comment gérer ces pensées intrusives ?

Il faut parvenir à ne donner aucune force à ces pensées intrusives. Elles sont idiotes, fausses et n’ont aucun fondement dans notre personnalité.

C’est idiot de vouloir jeter ma chienne par la fenêtre puisque je violenterai mon animal que j’aime tant.

On ne passera jamais à l’acte puisque l’on n’en a surtout pas envie. C’est juste une peur.

Je ne jetterai jamais ma chienne par la fenêtre, j’ai juste peur de l’avoir oubliée.

C’est très simple à dire, pas du tout facile à faire si votre pensée a été retenu. Mais ce à quoi il faut parvenir et c’est le travail que je donne à faire et que j’aide à faire aux personnes qui me consultent à ce sujet.

Et après ?

Une fois qu’on est parvenu à gérer ces pensées, c’est à dire à les empêcher de revenir parce qu’on a été convaincu qu’elles n’étaient pas vraies, qu’elles n’étaient qu’idiotes et n’étaient là que pour provoquer une peur, on a traité l’arbre, mais pas la forêt. Autrement dit, on a traité une peur mais pas la peur.

Commence alors une réorientation du travail, c’est à dire une recherche à travers notre histoire de façon à prendre conscience de la peur chronique que cette histoire personnelle a installée.

Ce travail thérapeutique va permettre de ne pas voir resurgir à un autre moment de notre vie, une autre pensée intrusive, un autre arbre qui re-cacherait plus profondément la forêt car ce qu’a appris le cerveau, le cerveau peut refaire.

4 réactions sur “ Phobie d’impulsion ou pensées obsessionnelles ”

  1. LAURENTDULOIRET Réponse

    Bonjour,
    Excellent article que je me suis permis de partager sur un groupe facebook dédié aux patients atteints de TOC.
    J’en souffre pour ma part : toc de vérification.

    Un tocqué a plusieurs types d’angoisses
    l’intrusive : l’image violente qui vous viens dans la tête, c’est une angoisse paroxystique, dure à gérer et donc dur de ne pas compulser pour un « tocqué ».
    celle de fond : l’angoisse anticipatrice

    Votre article évoque clairement les deux.

    et l’enjeu est bien là : « Il faut parvenir à ne donner aucune force à ces pensées intrusives. Elles sont idiotes, fausses et n’ont aucun fondement dans notre personnalité ».
    Et c’est loi d’être simple 🙁

    vraiment merci

    • mary.gohin Auteur ArticleRéponse

      Bonjour,
      Merci beaucoup ! Cela m’encourage à continuer à alimenter ce blog.

  2. MarieAnn Réponse

    Mille mercis!
    Je sais que cet article a été écrit il y a bien longtemps déjà et peut-être mon commentaire ne sera-t-il pas lu… Mais votre article et vos explications viennent de m’aider considérablement!
    Vous êtes formidable! Merci.

    • mary.gohin Auteur ArticleRéponse

      Bonjour,
      Merci pour votre commentaire. Cela m’encourage à continuer à alimenter ce blog. Bonne journée

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