Les différentes formes de l’empathie

Qu’est-ce que l’empathie et qu’est-ce qu’elle n’est pas

Comme je l’ai distingué dans un autre article, l’empathie est différente de la sympathie. Dans la sympathie, on s’identifie à la situation de l’autre. C’est un sentiment que l’on peut avoir vis à vis de personnes que l’on ne connait pas personnellement. Et c’est un sentiment que l’on peut avoir vis à vis de situations que l’on n’a jamais rencontrées. On est alors compréhensif sans obligatoirement ressentir les sentiments, les pensées de l’autre. On se sent pas forcément obligés d’agir. On ressent pour l’autre.

Quand on ressent de l’empathie, on est relié à l’autre. C’est un processus émotionnel qui implique de s’identifier à ce que l’autre ressent et de ressentir les sentiments qu’il ressent. On ressent avec l’autre.

Mais l’empathie n’est pas que le partage d’émotions. C’est aussi un contrôle cognitif pour réguler et moduler l’expérience. Le mimétisme fait partie des relations humaines et se produit au niveau inconscient. En communication donc en interaction avec l’autre, nous imitons les expressions faciales, vocales et gestuelles de l’autre. Pouvoir prendre la pensée de l’autre fait également partie de nos compétences cognitives. Vers 4 ans, un enfant commence à voir comment les autres le voient.

L’empathie s’apprend même si nous naissons avec la capacité à être empathique. Les nourrissons apprennent à identifier et à réguler leurs émotions grâce à des interactions dyadiques réussies. Un parent réceptif aux besoins et aux indices de son enfant est une personne qui permet à son bébé de s’épanouir et de se développer émotionnellement. En reconnaissant ses états émotionnels et en y répondant, l’enfant développe le sentiment de soi et de l’autre. Avec le temps, ce sentiment se transforme en empathie et en capacité de connexion intime (c’est l’attachement sécurisé). 

Quand on a des difficultés à identifier et réguler ses émotions, on peut avoir une capacité d’empathie altérée. La personne peut alors être absorbée par les émotions de l’autre. Ce n’est pas de l’empathie.

Plus on est connecté à ses émotions, plus on est capable de ressentir celles des autres parce que l’empathie n’a pas seulement une composante émotionnelle mais aussi une composante cognitive.

Les formes d’empathie

Les 3 formes d’empathie

Il y a une premier classement que l’on pourrait établir en 3 formes différentes :

1. La première forme est une empathie purement cognitive. C’est être capable de voir les choses du point de vue de l’autre. C’est celle qui se confond avec la sympathie parce qu’on ne prend qu’une perspective de l’autre sans prendre les sentiments. Quand on ressent cette forme d’empathie, on comprend l’autre mais on n’est pas impliqué dans ses émotions.

2. La seconde forme pourrait s’appeler « détresse personnelle ». Cela consiste à se noyer dans les émotions de l’autre. On est tellement débordé par l’émotion de l’autre que l’on est en détresse soi même. On ne parvient pas à faire face à nos propres émotions.

3. La troisième forme d’empathie pourrait s’appeler le « souci de l’autre ». C’est la définition que nous avons généralement quand nous parlons d’empathie. Cela implique de reconnaître l’état émotionnel de l’autre. On est lié à l’émotion de l’autre et capable de ressentir et de manifester sa préoccupation.

La différence faite sur les composantes.

Le second classement pourrait se faire sur la composante émotionnelle et la composante cognitive. Car même si certains chercheurs considèrent que la véritable empathie doit réunir les deux composantes, la recherche récente en neurosciences montre que le cerveau réagit différemment lorsque l’empathie émotionnelle ou l’empathie cognitive est activée.

1. l’empathie émotionnelle est un état subjectif résultant de la contagion émotionnelle. C’est un processus inconscient qui nous fait réagir de manière appropriée aux émotions de l’autre. Cette empathie est liée à la gestion de soi et la gestion des relations. Elle est automatique même si nous pouvons apprendre à la gérer.

2. L’empathie cognitive est un état conscient qui nous permet de reconnaître et de comprendre l’émotion de l’autre. Cette empathie est liée à la conscience de soi et à la conscience sociale. C’est donc une compétence, c’est à dire qu’elle est voulue et apprise.

Nous avons tous un certain niveau d’empathie. La clé est de comprendre comment nous sommes empathiques avec les autres et de réaliser les forces et les limites de chaque type d’empathie. Nous pouvons apprendre à équilibrer toutes ces formes d’empathie pour le bien être de nous même et de celui des autres. 

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