Comprendre la colère

Qu'est ce que la colère ?

La colère est une émotion que tout le monde éprouve à certains moments de notre vie. La colère émotion peut se manifester par divers sentiments : de l'irritation légère à une rage folle en passant par la frustration.

Mais même si la colère est une émotion naturelle, elle a parfois des conséquences qui nous desservent puisqu'elle peut être suivie par des regrets de ce que l'on a dit ou fait. Il est donc nécessaire d'essayer de la comprendre pour pouvoir la traverser sans qu'elle nous dépasse.

Comme toutes les autres émotions, la colère sert un but, celui d'une certaine détresse face à une douleur émotionnelle ressentie. Mais la douleur pour provoquer la colère est généralement associée à des évaluations et des pensées interprétatives.

La colère a toujours une cible, même si nous sommes en colère contre nous mêmes, la cible devient alors nous-mêmes. Autrement dit, une personne, une situation nous inflige une douleur, nous éprouvons de la colère et nous agissons pour nous défendre.

Être en colère plutôt qu'être en douleur offre l'avantage de nous détourner de notre souffrance, parce que la principale caractéristique de la colère est de nous monopoliser complètement, de nous concentrer essentiellement sur une personne ou une situation. Quand nous entrons dans notre colère, nous oublions ce qui a pu la provoquer ; la souffrance, voir d'autres émotions comme la peur ou la tristesse.

La colère nous protège temporairement d'avoir à reconnaitre notre malaise et notre émotion première.

Ensuite, l'avantage de la colère est qu'elle nous procure un sentiment de justice, Cela offre momentanément un coup de pouce à notre estime de nous.

Traverser les émotions

Je préfère pour les émotions, utiliser, depuis que je suis hypnothérapeute, le verbe "traverser" et non plus celui de "gérer". Traverser implique qu'en plus de prendre en compte sa colère (ce que l'on fait quand on gère quelque chose) on va permettre de la ranger à sa place du passé. Dans le fait de traverser, il y a plus que gérer. En traversant la colère je lui permets de faire partie de mon expérience.

Alors comment la traverser ?

Le grand inconvénient de la colère est le regret qui peut suivre. Il est alors préférable de faire au mieux pour ne pas avoir l'expression de la colère : les actes et/ou les mots.

Le mieux alors est de commencer par reconnaitre que l'on est en colère. Facile à dire, plus difficile à faire parfois. Mais c'est vraiment la première chose à faire.

Je suis en colère. Donc ça m'irrite, ça me frustre, ça me met en rage….

Ensuite, nous pouvons nous concentrer sur autre chose : respirer, écouter de la musique, courir, compter…. Comme la colère nous amène à un état de veille extrême, il faut parvenir à le réduire en nous décentrant de l'objet de notre colère.

Une fois le niveau corporel revenu à un état presque "normal", on peut commencer à travailler sur la colère. D'où vient-elle ? Que cache-t-elle ?

Autrement : Qu'est ce qui me fait souffrir ? Est-ce une tristesse ou une peur ?

Une fois ce travail sur soi accompli, on peut s'exprimer et dire ce qui nous a mis en colère. Comme nous ne sommes pas encombrés des actes et des mots de colère, il est fort possible que le conflit se dénoue. La colère passe au passé, la souffrance au présent, mais je m'en occupe.

La colère chronique

Il peut exister des personnes qui sont très souvent en colère, inconsciemment ou consciemment. Ce sont des personnes qui ne résistent pas des impulsions agressives. La violence qui s'ensuit est une réaction excessive, brute et dévastatrice.

Ce trouble a des racines inconscientes et résultent d'une mauvaise gestion à long terme de la colère. La colère existentielle normale se développe insidieusement au fil du temps dans le ressentiment, l'amertume, la haine, la rage destructive. 

Mais le plus souvent une colère chronique provient d'une impossibilité à reconnaître et à aborder consciemment la colère. Ce sont souvent des personnes qui ont appris à réprimer à nier leurs émotions, pensant qu'elles sont négatives.

Mais il n'y a pas d'émotions positives et d'émotions négatives.

La colère, comme je l'ai dit, peut permettre de mettre en avant notre souffrance. Cela nous permet alors d'agir sur ce qui ne va pas.

 

Il ne faut pas hésiter à s'adresser à un thérapeute quand on sent que les émotions nous gênent. La thérapie permettra de faire découvrir ce qui est à l'origine, ce qui se cache derrière. Elle permettra de traverser les émotions, de mettre au passé ce qui est au passé, et d'avancer vers l'avenir en travaillant sur le présent.

La régulation émotionnelle est une composante clé d'une thérapie de la colère. Cette régulation permet de retrouver un contrôle et un équilibre émotionnel, bénéfique pour la santé et le bien-être de l'entourage.

Généralement, j'utilise la thérapie cognitive et l'hypnose pour aider à réguler l'émotion. Mais il peut m'arriver d'utiliser aussi la psychogénéalogie quand la colère est "la patate chaude" qui se donne de génération en génération.

 

5 réactions au sujet de « Comprendre la colère »

  1. José Réponse

    très intéressant ! la colère dépend aussi du caractère de votre environnement, santé physique etc..

  2. Hervé Réponse

    Que faire quand on a vraiment du mal à contenir sa colère, j’ai souvent envie de tout casser, de hurler, voir même taper contre les murs de toutes mes forces (et je sais à quel point ça peut paraître stupide), je me débrouille toujours pour contrôler ma colère en n’en lâchant qu’un peu, pour éviter d’être nocif pour mon entourage, et aussi pour ne pas me faire de mal en la repoussant… Quelle peut être la meilleure solution dans mon cas ? des fois j’ai l’impression d’être un méchant qui se force à être gentil, ou l’inverse, j’essaie de comprendre et traverser ma colère, voir et penser toujours plus positif, relativiser au maximum, mais elle revient toujours, et des fois je suis en colère alors qu’il n’y a pas lieu d’être… J’avoue que ça m’intrigue, j’ai envie d’essayer l’hypnotherapie, car le mal vient probablement de loin

    • mary.gohin Réponse

      Oui, c’est sans doute une bonne idée d' »essayer l’hypnothérapie ». Déjà parce que cela vous tente et ensuite parce que cet outil peut vraiment apporter de la rapidité à une thérapie cognitive.

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