Conflit du couple : le jeu du blâme

Souvent, quand les couples viennent me voir pour la première fois, ils racontent les actions de l’autre qui les rendent furieux. Ils s’attachent à une anecdote, à un détail et cherchent à me dire qu’ils ont raison, sous entendant que l’autre a tort et que si l’autre comprenait tout, alors ils seraient heureux. 

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Mais ces détails conduisent toujours aux mêmes ressentiments et le conflit, au lieu d’être porteur d’évolution positive, s’envenime au point qu’ils se sentent complètement perdus. 

Leur discours est centré sur la faute. La communication se place dans le jeu du blâme. 

« C’est de sa faute, il (elle) ne fait jamais ceci.  »

Le problème principal n’est plus visible. Il s’est noyé dans les plaintes, les blâmes, les reproches et ses plaintes, ses blâmes, ses reproches ont engendré la position défensive de l’autre. Les deux personnes du couple jouant volontiers l’un des deux rôles du jeu, au gré des répliques. 

Or ce jeu sans fin se concentre sur la responsabilité de l’autre et non sur le problème soulevé. 

Pour en sortir, il est nécessaire de reprendre la communication, c’est à dire il faut favoriser certaines choses et en éviter d’autres. 

1. Un temps de communication

Il faut éviter de continuer à s’occuper de quelque chose en poursuivant la discussion. 

Quand surgit une discussion conflictuelle, il arrive souvent que les deux personnes du couple ne soient pas dans la même pièce ou qu’elles ne fassent pas la même chose. 

Il faut favoriser l’acte de communication en se consacrant uniquement à l’acte de parler. 

Asseyez vous et regardez vous. Posez vous un instant l’un à côté de l’autre ou l’un en face de l’autre pour respecter le problème qui est soulevé, lui donner toute son importance; Cela permet de vous respecter, de respecter l’autre, de vous donner votre importance et de donner de l’importance à l’autre. 

Si, pour une raison x ou y vous n’avez pas le temps de prendre le temps, alors mettez vous d’accord sur la disponibilité de ce temps. 

2. Un problème à la fois

Il faut éviter de parler de tous les problèmes qui viennent à l’esprit. 

Ce n’est pas une liste qui sera utile, mais l’apport de solution au problème soulevé par le blâme de l’un ou de l’autre. 

Il faut aborder la vraie question qui préoccupe au présent. 

C’est sans doute le plus difficile car le blâme et la défensive ont souvent enterré le problème. Mais en cherchant à comprendre ce que l’autre veut dire, c’est à dire en évitant de penser à sa place, en posant les vraies questions, les questions qui permettent de com-prendre ce que l’on croit comprendre. 

3. Un langage approprié

Il faut éviter d’accuser l’autre ou de se défendre. Éviter de se mentir. Éviter de penser à la place de l’autre. 

Pas facile, c’est évident. Mais si on s’interdit de dire « tu », on s’oblige à dire « je », alors on communique vraiment et on apprend à ne pas se mentir à soi. 

Il faut favoriser les questions ouvertes sur l’autre. 

Cela permet en premier lieu de bien comprendre ce que l’autre veut dire. Et cela permet aussi de prendre sa responsabilité dans le problème, de mettre l’accent sur le problème et non sur la personne évoquée dans le problème. 

Toute phrase dite doit être parfaitement comprise. Toute zone d’ombre doit être éclairée. 

4. Une discussion qui se termine

Il faut éviter de se quitter ou de s’endormir en colère, avec cette rancoeur qui pèse et fait souffrir. 

Il faut terminer la discussion et favoriser l’essai de solution. 

On essaie. Si ça marche, c’est bien, sinon on essaie une autre solution. 

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