La puissance de l’humilité dans le couple

En plus des concepts indispensables de « complicité » et de « respect », je répète souvent aux couples qui me consultent d’être le plus humble possible face à l’autre.

Je voudrais alors apporter des précisions concernant ce sentiment d’humilité en parlant du coportement que cela suppose.

Qu’est-ce que l’humilité ?

L’humilité est un concept très subtil. On pourrait dire en premier lieu que c’est une vertu mal abordée puisque souvent sous entendue comme une faiblesse et une manque d’estime de soi.

Or, rien n’est plus faux.

L’humilité, en premier lieu est pressentie comme une vertu spirituelle, comme celle décrite par le bouddhisme en tant qu’état permettant le voyage vers l’illumination. Un état qui fait peu de cas de l’ego, qui permet l’ouverture au monde et une conscience de l’interconnexion entre tous les êtres.

La définition qui m’intéresse ici est plus celle décrite par les psycho-sociaux qui voient l’humilité comme une orientation (un comportement) composée d’un sentiment d’autonomie émotionnelle et d’un contrôle du réflexe compétitif.

1. Une autonomie émotionnelle

L’autonomie émotionnelle est l’une des trois type d’autonomie qu’acquiert l’adolescent en se détachant de la dépendance affective de ses parents.

Dans un couple, l’autonomie émotionnelle permet d’affirmer son « je » et de le considérer indépendant de l’autre « je ».

Quand on est autonome émotionnellement, on a la capacité de faire ses choix sans dépendre de la culpabilité, de la honte ou de la peur de faire mal. On reconnait aussi l’autonomie émotionnelle de l’autre en permettant lui permettant de l’exprimer.

Lors d’un conflit, on exprime alors son opinion, sa position face à la demande, avec clarté et précision puisqu’on n’est pas encombré par un sentiment de peur de la réponse de l’autre, peur qui entrave notre liberté et la liberté de réaction de l’autre. Si cette autonomie est pensée avec respect de l’autre, elle est constructive.

Imaginons que mon conjoint me demande de faire le repas. Imaginons que je n’ai pas envie de le faire. 

Dans le cas où je ne suis pas assez autonome émotionnellement, je vais penser qu’il va penser que je suis méchante si je dis non et que cela peut engendrer un conflit dans lequel je n’ai pas envie d’entrer. Je vais donc le faire et, il y a de fortes chances, que je marque mon refus silencieux par un comportement plus agressif. Mon conjoint risque de penser exactement ce que je redoutais qu’il pense.

Si je suis humble, dans le sens défini par les psycho-sociaux, je suis alors autonome émotionnellement. Mais je respecte l’autre tout autant que je respecte mes choix. Je vais alors lui dire que je n’ai pas envie ce soir, que bien sûr, s’il insiste je le ferai mais que je préfère par exemple le faire demain. Mon conjoint va peut être faire remarquer que j’exagère et qu’il ne comprend pas. C’est le début d’une discussion qui, parce que chacun exprime ce qu’il pense, ne pourra que renforcer la complicité.

2. Un contrôle du réflexe compétitif

Pour les psycho-sociaux, ce réflexe est une impulsion préconsciente, viscérale à opposer ou surpasser les autres ou à auto-réagir aux menaces perçues envers son ego.

Cela implique une expérience de croissance dans laquelle on ne se place ni au-dessus des autres, ni en-dessous. C’est considérer l’autre, tout aussi important que soi, ni plus ni moins.

Dans un couple, cette vertu se définirait comme un ensemble de comportements qui présuppose que ce que dit l’autre est important pour lui puisqu’il le dit, tout aussi important que ce que je dis moi. 

Cela suppose également que l’on n’a pas un meilleur avis, pas une meilleure suggestion, pas une meilleure solution à proposer à l’autre. On a juste un avis propre, une suggestion différente, une autre solution.

 

Le sentiment d’humilité appuyé par ceux de complicité et de respect est un ensemble de comportements qui permet de donner à l’autre le sentiment d’être apprécié, reconnu,

 

2 réactions au sujet de « La puissance de l’humilité dans le couple »

  1. Michel Labonte Réponse

    Comment peut-on choisir de donner en exemple le bouddhisme comme reference sans meme considerer l’humilite comme valeur centrale et fondamentale du christianisme? Nous sommes en Occident et trop de gens semblent ignorer les bases culturelles, les valeurs spirituelles et philosophiques de la religion de la majorite.

  2. Mary Gohin Réponse

    Vous avez parfaitement raison. Mais j’ai pensé sans doute stupidement que pour beaucoup l’humilité était plus une référence au bouddhisme actuellement qu’au christianisme.

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